Connaissez-vous cette sensation de malaise quand votre enfant pose LA question ? Celle qui vous fait bafouiller, chercher vos mots, regretter de ne pas avoir anticipé ce moment ? Maëlle Challan Belval, éducatrice à la vie et conseillère conjugale, a écrit Osez en parler ! pour sortir de ce rendez-vous raté et offrir une vision positive de l’éducation affective et sexuelle.
Voici ce que j’ai apprécié dans ce livre :
Une approche lumineuse de l’éducation affective et sexuelle
« L’éducation affective et sexuelle dont les enfants ont besoin n’est pas un rempart mais un pont. On éduque POUR, pas CONTRE. »
Maëlle Challan Belval, Osez en parler !, p9
Pas de conclusion hâtive, pas de culpabilisation et surtout un rappel fondamental : si on se mobilise pour l’éducation affective et relationnelle, ce n’est pas pour faire flipper les jeunes… C’est pour vivre plus de joie et d’émerveillement, et pour avoir les bonnes informations pour faire des choix éclairés.
Une approche humble, ancrée dans le quotidien de l’éducation affective et sexuelle
« Osons être un exemple, même si nous ne sommes pas toujours exemplaires. »
Maëlle Challan Belval, Osez en parler !, p28
L’éducation affective n’exige pas d’être parfait, mais d’être un passeur authentique.
Le livre commence par aborder les réticences des parents à « se lancer dans l’exercice ». On a plein de raison de ne pas parler vie affective et sexuelle avec les enfants : on n’a pas reçu bcp d’éducation nous-même, on n’est pas très satisfait de notre vie actuelle ce qui sape le sentiment de légitimité, on a peur d’inciter ou de mettre mal à l’aise avec ce sujet « tabou ».
Ce que j’ai adoré, c’est le rappel de l’autrice que parler vie affective et sexuelle avec les enfants ce n’est pas organiser cette « réunion au sommet » une fois dans la vie de l’enfant, mais au contraire : utiliser les 1000 occasions de la vie quotidienne pour partager un moment et demander à l’enfant ce qu’il en pense.
Dialoguer lors du bain des petits, lors de la séance shopping, avant un départ en colo etc… Plus relax et plus naturel.
Une approche équilibrée, durable de l’éducation affective et sexuelle
L’autrice détaille trois piliers concrets de l’éducation affective et sexuelle :
- informer (avec des mots justes),
- faire réfléchir (développer le sens critique),
- protéger (prévenir sans angoisser).
Un focus salutaire sur l’estime de soi
Ce qui est excellent, c’est la manière de rappeler qu’aider l’enfant à construire une bonne estime de soi, pendant toute son enfance, reste la manière la plus efficace pour l’amener à se protéger des situations abusives. Plus que la peur, l’estime de soi construit la croyance solide que l’on mérite d’être traité avec respect et douceur. Florilège :
- « L’estime de soi fonde la prévention car elle alimente une énergie de préservation. » P146
- « S’estimer c’est oser se croire beau et digne d’amour, porter sur soi un regard lucide et bienveillant. » P146
- « L’estime de soi permet de recevoir l’amour de l’autre sans craindre d’être utilisée. » P150
Une invitation à nous réapproprier nos peurs et biais pour ne pas les transmettre
« C’est notre gêne d’adulte qui est un frein à l’apprentissage, pas les enfants. »
Maëlle Challan Belval, Osez en parler !, p72
A plusieurs endroits, l’autrice invite les lecteurs à se questionner sur l’éducation qu’ils ont reçue, leurs peurs, leurs projections, leurs intentions…
« La finalité d’une approche préventive n’est pas la peur. Ne serait-ce pas un échec de la prévention routière si un enfant préférait rester chez lui plutôt que d’apprendre à se déplacer librement ?»
Maëlle Challan Belval, Osez en parler !, p142
Cela permet à chacun de prendre du recul sur l’écart entre l’intention qui porte à engager le dialogue (des enfants soient sains et heureux) et le moyen que l’on utilise (peur, angoisse, contournement, silence…)
A tous les parents qui doutent, ce guide rassure rapidement.
Il se lit avec aisance et s’utilise comme un guide pratique : avec des mémos en fin de chaque partie et des outils utilisables.
Osez en parler ! est un livre qui redonne confiance pour que l’éducation affective devienne enfin ce qu’elle devrait être : un rendez-vous essentiel avec nos enfants.
Merci à Laure de Pélichy, Conseillère conjugale et Familiale à Orléans, pour la recommandation de lecture.

